AIKIDO – Préparation, échauffement

AIKIDO – Préparation, échauffement

La préparation en terme d’échauffement est la première partie du cours avant d’aborder les principes qui régissent les techniques d’Aikido.

L’échauffement n’existe pas réellement en Aikido, en tant que tel. Ce ne serait qu’un travail physique, alors que la préparation englobe des exercices respiratoires, énergétiques, articulaires, et musculaires, c’est aussi un travail du mental, de la notion de centrage, de l’équilibre, une façon de se préparer à étudier l’Aikido dans sa totalité, technique et spirituelle.

Étape essentielle pour prévenir d’éventuelles blessures, la préparation réside en de multiples étapes.

Sa durée dépend de l’enseignant. Certains cours sont dispensés sans préparation préalable, c’est au pratiquant de s’échauffer en amont du cours, d’autres cours sont prodigués avec un échauffement progressif en exécutant directement les techniques dès son début, de type « Kokyu Ho » (« Kokyu » désigne la respiration c’est à dire l’échange entre l’inspiration et l’expiration. « Ho » correspond à une méthode, un procédé). Tout dépend également de la durée du cours.

Le contenu de la préparation peut être purement basé sur l’échauffement de toutes les articulations, mais aussi sur le thème du cours en lui-même, où l’on retrouvera les exercices de préparation durant l’exécution des principes et des techniques tout au long du cours.


Préparation générale au début d’un cours : Jumbi-Undo

  • Exercices éducatifs individuels : Tandoku-Undo
    • assouplissement des poignets : Te-Kuki-Junan-Undo
    • exercices sur les postures : Shi-Seï
    • création de puissance : Kokyu-Undo
    • mouvements de mains : Te-Sabaki
    • mouvements tournants du corps : Taï-Sabaki
    • entrée dans l’attaque : Irimi
    • pivot sur place : Taï-No-Henka
    • pivot et effacement du corps : Tenkan
    • entrée suivie de pivot et effacement : Irimi-Tenkan
    • chutes, brise-chutes :
      • Ukemi (Mae-Ukemi : en avant, Ushiro-Ukemi : en arrière, Yoko-Ukemi : de côté)
  • Exercices éducatifs avec partenaire(s) : So Taï Undo
    • Assouplissement des articulations : Ju-Nan-Kyo-Ka-Ho
    • Harmonisation avec la force du partenaire : Ki-Awase
    • Création d’énergie avec le partenaire : Kokyu-Ryoku-Yosei-Ho

Mitama shizume (expiration « forcée »)

Cet exercice a pour fonction de réunifier le corps et l’esprit avant la pratique. On se déconnecte du monde extérieur pour commencer une unification nécessaire à la pratique. On laisse de côté ses soucis à l’expiration et on s’emplit de soi à l’inspiration.

Mitama Shizume a le sens de : « le dos est chargé du passé éternel, le ventre est chargé du futur. Donc, en étant debout, je développe ma propre conscience, la confirmation de ma propre identité pour accomplir mon destin. »

Pour pratiquer cet exercice on se met debout (à la fin de sa vie, Maitre Tamura la pratiquait en seiza, mais l’objectif reste le même) avec les pieds écartés d’un demi pas chacun, les bras le long du corps droit, la colonne vertébrale droite, le menton droit et rentré. Ensuite on expire en se baissant le plus droit possible pour vider peu à peu ses poumons, mais surtout son tanden (à 4 cm sous le nombril). Les mains se ferment sur ce mouvement avec le pouce à l’intérieur (on serre les poings) mais sans forcer pour ne pas bloquer le ki (l’énergie). Le poids repose sur l’avant du pied et le périné est contracté.

Ensuite on remonte sur l’inspiration pour reprendre la position droite initiale. On pratique ce mouvement 4 fois de suite.


Torifune (Ame no Tori Fune) – Funakogi undo

C’est une sorte de rameur debout. Ce mouvement symbolise celui réalisé par « les âmes des morts pour traverser le fleuve sacré ».

En aïkido, il sert à éduquer le ki et à le faire circuler dans tout le corps. On est toujours debout les pieds écartés. On regarde vers la gauche tout en avançant le pied gauche. Les bras se tendent à la façon d’un rameur (poings fermés) mais le mouvement doit partir de la hanche.

On pousse un « Ei » en se penchant en avant , puis un kiaï « Ho » en revenant à la position d’origine.

On réalise cet exercice une dizaine de fois puis on fait des vibrations (Furitama, voir ci-dessous).

Ensuite on passe au côté droit en accélérant les mouvements d’avancée-reculée et en poussant le kiai « Eï-Sa, Eï-Sa ». On refait les vibrations avant de refaire encore plus rapidement le kiaï « Eï- Eï » sur le pied de départ (gauche).

Image de prévisualisation YouTube

Exercice « Ame No Tori Fune » / « 天の鳥船 » :

  • Ame 天 = ciel
  • Tori 鳥 = oiseau
  • Fune 船 = bateau

« Le bateau oiseau céleste »

Dans la mythologie Shinto, la quête, la recherche de l’au-delà, appelé aussi Paradis, ou encore Royaume (le soi), vers lequel tend tout être éveillé, est symbolisée par la traversée d’une rivière dans une barque.
Cette rivière mythologique est appelée « Sanzu No Kawa », 三途の川,ou « Fleuve des trois chemins ».

Dans cet exercice, il y a la notion de traverser une rivière avec une godille et ceci en trois étapes :

  1. 1ère étape : La barque quitte la berge. Ki Aï : « EI HO »
  2. 2ème étape : Lutter contre les courants. Ki Aï : « EI SA »
  3. 3ème étape : Arrivée à la berge avec enthousiasme. C’est donc la notion du passage « de la vie à l’après-vie ». Ki Aï : « EI EI »

Travail du Ki Aï ( force unie dans une action) :

« L’idée du kiaï est d’émettre de l’énergie, de sortir en une fois de manière très explosive tout l’air. Pour pouvoir y arriver il faut assouplir le bas ventre, si c’est trop dur cela ne sortira pas, il faut pouvoir comprimer. Si vous pratiquez, cela devrait sortir naturellement ».
Nobuyoshi Tamura Shihan.


Furitama – les vibrations

Cet exercice de vibration est un exercice purificatoire shintoïste que l’on pratiquait sous des cascades d’eau (comme celle que l’on trouve à Iwama).

On parle de misogi externe. On est toujours debout, les pieds distants de la largeur des épaules. On joint les mains (droite par dessus la gauche). Dans le creux formé entre les mains, il faut imaginer une boule d’énergie qui doit croitre lors du déroulement de l’exercice. On secoue alors ses mains qui sont au niveau du hara de manière à faire vibrer tout le corps. (Des pieds à la tête via la colonne vertébrale).

On fait cet exercice en se concentrant sur le “troisième oeil” (c’est à dire entre les sourcils) en alternance avec Torifune.

On le réalise donc 3 fois.

Remarque : normalement, on doit répéter les mots sacrés qui invoquaient la divinité de la cascade : « Harae-do-no-Okami ».

Image de prévisualisation YouTube

Exercice « Furi Tama »/ »降り魂 » :

  • Furi 降り = descendre, venir, invoquer
  • Tama 魂 = âme, esprit

« Invoquer l’âme »

Les mains reliées forment un creux, on les agite comme une clochette.
L’esprit est concentré sur un point entre les sourcils (le indo tanden ou ajna au yoga) où se rassemble les énergies du ciel et de la terre. On fait vibrer l’ensemble du corps et invoquer ce en qui ou en quoi l’on croit, invoquer une pensée positive et personnelle pour chacun d’entre nous, et on en retirera un bénéfice.


Otakebi

Otekabi consiste, mains à hauteur du front, doigts entrelacés, paumes et doigts vers le bas à pousser le kiai « EI » en resserrant et en amenant avec force les mains à la hauteur de votre plexus en serrant les coudes contre votre corps.

Le but de cet exercice est de rassembler toutes les énergies.

Image de prévisualisation YouTube


Ude no sayu zengo mawashi

(faire tourner les bras de gauche à droite et d’avant en arrière)

Mouvement :

  • Écartez les pieds à la largeur des épaules, en vous tenant droit.
  • Croisez les mains, main gauche au-dessus, paume vers le sol, main droite en-dessous, paume vers le ciel.
  • Pressez les mains, l’une contre l’autre de toutes vos forces. Prenez le Tanden comme centre et, de gauche à droite, faites de grands cercles, tout en balançant le buste d’avant en arrière. Répétez une dizaine de fois de chaque côté.

Précisions :

  • Ce geste, qui symbolise celui d’envelopper le monde, favorise la prise de conscience de ce qui est en son centre : soi-même.
  • On prétend que faire tourner les épaules avec de grands cercles est très efficace pour faire disparaître les douleurs aux épaules.

Karada no senkai

Mouvement :

  • Écartez les pieds d’un pas et demi. Tenez-vous droit, la main gauche au-dessus, la main droite au-dessous, croisez les mains.
  • Élevez les mains au-dessus de la tête. Faites de grands cercles en dessinant le chiffre 8, alternativement, à gauche et à droite.

Précisions :

  • Relaxez les épaules, détendez-vous, fléchissez les genoux, maintenez le bassin fermement, faites le mouvement rapidement et avec force.
  • Exécutez le mouvement comme si vous teniez une boule, avec aisance et sans tension.

Karada no zengo kusshin

Mouvement :

  • Écartez les pieds d’un pas. Tenez- vous droit.
  • Croisez les bras devant la poitrine. Penchez-vous largement en avant et en arrière.

Précisions :

  • Quand vous vous penchez en avant, baissez la tête entre les deux cuisses. Quand vous vous penchez en arrière, étirez vous suffisamment de manière à voir la personne qui est derrière vous.
  • Répétez dix fois.

Chitsuki

Mouvement :

  • Écartez largement les pieds d’un pas et demi, tenez-vous droit.
  • Serrez légèrement les deux poings, élevez-les au-dessus de la tête. Pointez les poings vers le sol en criant : « EI ».
  • Ensuite, on ramène les poings vers le haut et on répète.

Précisions :

  • Quand on élève les poings au-dessus de la tête, en les serrant légèrement, on reçoit l’énergie du ciel dans les paumes.
  • Quand on tire les mains vers les hanches, en ouvrant les doigts, on attrape toute l’énergie du sol.

Image de prévisualisation YouTube


Ude furi

Mouvement :

  • Écartez les pieds d’un pas, tenez-vous droit, relâchez les épaules, faites vibrer les bras très vite et souplement.
  • Exécutez une dizaine de fois, puis, brusquement, ouvrez les mains en les projetant vers l’avant à hauteur des épaules.

Précisions :

  • Si on fait vibrer tout le corps, on parviendra à se relaxer de manière plus efficace.

Karada no sayu mawashi

Mouvement :

  • Écartez les pieds d’un pas, tenez-vous droit, faites tourner le haut du corps avec des rotations très amples.

Précisions :

  • Pendant l’exercice, on garde le menton rentré, on regarde derrière en diagonale, les bras doivent flotter sous l’effet de la rotation, à 180° de chaque côté.

Ryo hashi nobashi

Mouvement :

  • Écartez largement les pieds, avancez le talon gauche, levez la pointe du pied.
  • En ouvrant la jambe droite vers l’extérieur, étirez suffisamment la jambe gauche jusqu’à ce que la cuisse touche le sol.
  • Répétez deux ou trois fois, puis changez de jambe.

Précisions :

  • Pendant l’exercice, regardez le pied de la jambe tendu, ne posez pas les mains par terre pour ne pas faciliter la tâche.

Hashi no mawashi mage

Mouvement :

  • Tenez-vous droit en joignant les pointes des pieds.
  • Posez les deux mains sur les genoux ; pliez légèrement les deux jambes.
  • À partir de la gauche, faites tourner 10 fois vers la droite avec une grande amplitude.
  • Redressez vous, et recommencez en sens inverse.

Précisions :

  • Relâchez les épaules, gardez les jambes serrées en tournant, décollez légèrement les talons.

Hiza no kusshin

Mouvement :

  • Jambes serrées, corps redressé, posez les mains sur les genoux, accroupissez-vous, puis redressez-vous. Répétez dix fois.

Précisions :

  • Relâchez les épaules, gardez les jambes serrées en descendant, décollez légèrement les talons.

Kyoga sei nobi undo

Mouvement :

  • Sans croiser les pointes des pieds, écartez les jambes de la largeur du bassin et asseyez-vous entre vos pieds.
  • Joignez les mains, penchez-vous en arrière jusqu’à toucher le sol.
  • Allongez les deux bras, entrecroisez les doigts, paumes vers l’extérieur, étirez le dos.
  • Répétez dix fois.

Précisions :

  • Étirez les deux bras jusqu’à ce qu’ils touchent les oreilles.
  • Avec la respiration abdominale, mettez de la force dans le ventre.

Kingyo undo

Mouvement :

  • Allongez-vous sur le dos, croisez les mains derrière la tête, rentrez le menton.
  • Faites de petites ondulations avec tout le corps, sur le plan horizontal.

Précisions :

  • Ce « mouvement du poisson » a pour but d’ajuster la colonne vertébrale.
  • Il est nécessaire de le faire de toutes ses forces et vivement pour obtenir un résultat.

Image de prévisualisation YouTube


Mokan undo

Mouvement :

  • Allongé sur le sol, étendez bras et jambes à la verticale, plantes des pieds parallèles au sol, mains étendues et doigts écartés.
  • Dans cette position, faites vibrer bras et jambes (petites vibrations) pendant deux minutes.

Précisions :

  • Maître Ueshiba a utilisé Kingyo Undo et Mokan Undo comme gymnastique de préparation. Il a pris ces mouvements dans la méthode de santé Nishi.

Hiza tataki

Mouvement :

  • En position Seiza, frappez légèrement le bas du corps.

Précisions :

  • Frappez partout pendant une ou deux minutes, cela améliore la circulation sanguine.

Koshi tataki

Mouvement :

  • Position Seiza, on frappe maintenant les reins.

Précisions :

  • Il y a une zone dans laquelle l’exercice procure une sensation de bien- être.
  • Pratiquez pendant une à deux minutes.

Kata tataki ude tataki

Mouvement :

  • Toujours en position Seiza, tapotez maintenant l’épaule gauche, puis le bras gauche. Faites des aller-retour de l’extérieur vers l’intérieur.
  • Recommencez du côté droit.

Précisions :

  • Pendant qu’on frappe le côté gauche, on soutient le coude droit avec la main gauche et inversement, sans se fatiguer.
  • Passer de l’extérieur vers l’intérieur.
  • Pratiquer légèrement pendant 1 ou 2 minutes.

Te kubi dosa

Assouplissement et renforcement de l’articulation des poignets en exécutant sur soi-même, d’abord à gauche (côté du coeur), puis à droite :

  • Ikkyo,
  • Nikyo,
  • Sankyo
  • et Kote Gaeshi

Image de prévisualisation YouTube


Tai no henka

Mouvements du corps :

lkkyo Dosa debout droit, les jambes légèrement écartées, mettez vos mains bien à plat sur votre ventre entre le nombril et le pubis.

Dans un état de concentration totale, inspirez, descendez l’air dans votre ventre pour le garder en vous une à deux secondes, puis en avançant la jambe gauche, montez les mains au dessus de votre tête en expirant.

Les talons doivent rester collés au sol poussez vers la terre avec la jambe arrière. Le centre Seika Tanden est fort, les doigts sont allongés sans être trop tendus, le rayonnement du Ki, Kinonagare parcourant votre corps pour s’échapper par vos doigts. Le petit doigt en particulier est fort et empli de la puissance du Ki.


Kotodama ou Kototama

Le kotodama est le pouvoir spirituel attribué à la langue japonaise.

Dans la tradition japonaise, les dieux (kami) inspirent l’esprit des hommes par des mots, et en prononçant ces mots inspirés par les kami, on fait se concrétiser les concepts ; c’est le kototama ou kotodama, que l’on pourrait traduire par « mots-âmes » ou « paroles sacrées ».

Outre son usage dans la religion shinto, le concept de kotodama est également utilisé dans certains budo (arts martiaux).

Kotodama et aïkido

Habituellement, la pratique de l’aïkido est silencieuse. Cependant, dans l’enseignement de Morihei Ueshiba, l’exécution des mouvements s’accompagne de l’articulation de sons par les participants, les kotodama. C’était même un des points fondamentaux pour le fondateur, puisqu’il disait : « L’aïkido est une méthode de fusion avec kototama, l’esprit de l’univers ». On ne le pratique habituellement plus de nos jours du fait de la complexité, il faut en effet coordonner les mouvements et la parole, ce qui ne peut se concevoir qu’avec une très bonne maîtrise des techniques.

Voici ce qu’en disait Morihei Ueshiba lui-même :

« Dans le bujutsu (techniques guerrières), il y a les cris : ei-ya-to-ha etc… Ce ne sont pas seulement ces quatre cris ; il y a autant de cris que de mots que les Japonais peuvent sortir. L’important est qu’avec la respiration du ciel et de la terre, la voix, le cœur (kokoro) et le rythme s’unifient ; cela devient le kototama ; ce dernier devient une arme qui sort et de plus cela doit s’unifier avec le corps. On coupe avec le son ei — on reçoit avec le son ya — on s’écarte avec le son to ».

On notera l’évocation de « la respiration du Ciel et de la Terre » (ten chi kokyu), récurrente dans les écrits de Ueshiba. Cela peut se comprendre par :

  • unir la volonté (l’esprit, le « Ciel ») au ventre (le centre de l’énergie, « la Terre »).

D’un point de vue pratique, cela peut se ramener à un contrôle de la respiration, qui permet de ne pas s’essouffler, d’économiser son énergie, et d’avoir une meilleure efficacité des mouvements. Cette synchronisation entre le mouvement et le souffle se cultive notamment dans les exercices respiratoires, de circulation du ki.

O Sensei disait encore, à propos de kototama :

« Tous les actes de l’homme révèlent le travail subtil du kototama. C’est l’écho des sons qui vous conduiront à une compréhension quand vous vous examinerez en vérité. L’aïkido, plus spécialement, est né à travers l’écho du son. Laissez les kototama s’infiltrer à l’intérieur de vous, mettre le feu à votre sang jusqu’à ce que tout votre corps se fige en un kototama. Imaginez que vous vous arrondissiez pour former un grand cercle, prononcez le kototama, et laissez-vous pénétrer de la sensation de l’univers à l’intérieur de votre propre corps. Cette pratique est source de lumière (la sagesse), de chaleur (la compassion) et d’énergie (la force véritable) ».

Image de prévisualisation YouTube


8 pièces de brocart

Ba Duan Jin, littéralement les 8 (八 bā) pièces (段 duan) de brocart (金 jin), ces exercices furent créés par Yue Fei (Général du 12ème siècle après JC) pour améliorer la santé de ses soldats. À l’origine, il existait 12 exercices, ramenés à 8, de nos jours.

Ba duan jin (chinois traditionnel : 八段錦 ; litt. : Les huit pièces de brocart) est une gymnastique chinoise (ou qi gong, 氣功) visant à rendre l’organisme plus résistant et prolonger la vie.

Origine

Selon la légende, Bodhidharma aurait élaboré le baduanjin vers le Ve siècle, au monastère Shaolin. Au XIIe siècle, le général Yue Fei le développa pour améliorer la santé de ses soldats.

Selon le Centre de gestion du qigong pour la santé relevant de l’Administration nationale chinoise de la culture physique et du sport, on ne sait pas par qui, ni quand a été créé le Ba Duan Jin, mais des illustrations découvertes dans le tombeau des Han (206 av. J.-C – 220 apr. J.-.C) montrent qu’au moins quatre mouvements ressemblent aux postures du Ba Duan Jin.

Le nom de « brocart » vient des manteaux longs en brocart, portés par les dignitaires de l’empire, pour évoquer une bonne santé. Il y a huit postures qui étaient douze, et qui comportent des variantes.

Image de prévisualisation YouTube

Technique

Le corps est détendu et l’esprit concentré, avec des étirements doux et continus (pour éviter le réflexe ostéotendineux trop fort), pour rechercher une sensation agréable sans contrainte ; le centre et la rectitude y sont recherchés ; légèreté et enracinement y sont requis. La pratique idéale se fait en prenant son temps dans un lieu calme et bien aéré, calmement à un rythme respiratoire normal en respirant par le nez. Chaque geste se répète 3 fois de chaque côté, pour un effet profond et symétrique. Il est conseillé de faire cette gymnastique après un réveil musculaire et articulaire.

Les huit postures

Les huit postures se pratiquent à la suite l’une de l’autre soit assis, soit debout. Sur les dessins de la version du général Yue Fei, elles portent chacune un nom évocateur et pragmatique qui peut se traduire ainsi :

  1. Liangshou tuo tien li sanjiao (两手托天理三焦), soutenir le ciel avec les mains prend soin du triple réchauffeur.
  2. Zuoyou kai gong si she diao (左右开弓似射雕), imiter l’arc et viser l’aigle.
  3. Tiaoli piwei xu dan ju (调理脾胃须单举), stimuler la rate et l’estomac d’un seul geste.
  4. Wulaoqishang xianghou qiao (五劳七伤向后瞧), regarder derrière pour prévenir les cinq maladies et les sept blessures.
  5. Yao tou bai wei qu xinhuo (摇头摆尾去心火), agiter la tête et secouer la queue pour calmer le feu du cœur.
  6. Liangshou pan zu gu shen yao (两手攀足固肾腰), saisir les orteils pour renforcer les reins.
  7. Zan quan numu zeng qili (攒拳怒目增气力), serrer les poings pour augmenter la force physique.
  8. Beihou cidian baibing xiao (背后七颠百病消), soulever sept fois les talons pour traiter la maladie.

Les exercices pratiqués avec votre enseignant peuvent être légèrement différents, mais les explications sont là uniquement pour vous aider à comprendre ; elles ne peuvent remplacer une pratique sur les tatamis.


Assouplissement – Étirement

L’étirement est un acte naturellement pratiqué par les animaux ou les hommes après une période d’inactivité ou d’inconfort (par exemple au réveil ou après une position assise prolongée). Sa pratique systématique et théorisée vise différents d’objectifs :

  • la préparation musculaire avant l’effort ;
  • la récupération de la souplesse musculaire après l’effort ;
  • l’assouplissement ;
  • la relaxation.

Les étirements doivent toujours être pratiqués de manière progressive et sans douleur. Une pratique incorrecte des étirements peut causer des blessures sévères, voire définitives. La souplesse varie d’un individu à l’autre. Les femmes sont souvent plus souples que les hommes, les enfants que les adultes.

Les 16 mouvements de cette préparation se font chacun pendant 30 secondes :

  1. Les mains au-dessus de la tête (doigts enlacés, paumes vers le haut) bras tendus.
  2. Bras gauche tiré vers la droite, main droite poussant sur le coude. (droite et gauche).
  3. Main dans le dos, coude en haut, l’autre main pousse vers l’arrière. (droite et gauche).
  4. Les 2 mains dans le dos, doigts enlacés, tirer les épaules en arrière.
  5. Assis, les jambes repliées, les plantes de pieds unies, se pencher vers l’avant.
  6. Assis, jambe gauche repliée, étirer en descendant la poitrine sur la jambe droite étendue. (droite et gauche).
  7. Jambe droite allongée, genou gauche replié, descendre en arrière en appui sur les coudes. (droite et gauche). Cheville à 90°, mains posées à plat sur le tatami.
  8. Couché sur le côté, en appui sur le coude, prendre le pied et étirer la jambe vers l’arrière. (droite et gauche).
  9. Couché sur le dos, étirer bras tendus, mains tendues, pointes des pieds tendues.
  10. La même chose, couché sur le côté droit puis le côté gauche.
  11. Se coucher sur le dos, replier un genou sur la poitrine en tirant des 2 mains, garder la tête relevée au dessus du tatami. (droite et gauche).
  12. À partir d’une position allongée sur le dos partir en arrière et poser les pieds sur le tatami.
  13. Assis, genou gauche relevé, jambe droite étendue, pied droit extérieur jambe gauche, main gauche derrière, regarder derrière. Se tourner toujours du côté de la jambe relevée. (droite et gauche).
  14. Genou gauche au sol, pied droit à côté du genou gauche, se porter en avant, les 2 mains étendues devant soi sur le tatami en gardant le talon du pied droit bien à plat sur le sol. (droite et gauche).
  15. Placez vos deux mains de chaque côté d’un pied, levez votre jambe arrière en extension, poussez le corps vers l’avant. (droite et gauche).
  16. Les mains réunies contre un mur ou avec un partenaire, la tête en appui sur les mains, un pied en avant, l’autre en arrière, le pied arrière doit être bien perpendiculaire au mur, pousser le bassin en avant et vers le bas sans décoller les talons du sol. Cet exercice permet un étirement maximum des jumeaux (mollets) et un pliage maximum de l’articulation de la cheville. (droite et gauche).

Pour compléter les étirements, quelques points de pressions, assis en seiza, appui sur le milieu de l’arcade sourcilière avec les index recouverts par les majeurs, compter 1.2.3 relâcher, 1.2.3 relâcher, 1.2.3 relâcher puis 1.2.3.4.5.6.7.8.9.10. Ce point (vésicule biliaire) traite les céphalées, les paralysies faciales, les glaucomes…

Même chose au bord interne soit entre les 2 yeux, Point d’entrée du méridien de Vessie, grand point de relaxation et point tonifiant du foyer génito-urinaire.

Ensuite, au bord externe des yeux, Point d’entrée du méridien de Vésicule Biliaire, pour les affections oculaires, les céphalées, les désordres Foie-Vésicule Biliaire.

De plus, au milieu de la pommette, dans la ligne verticale de chaque oeil. Point d’entrée du méridien de l’Estomac, point des conjonctivites, de la myopie, des baisses de vision…

Puis, de part et d’autre de la base inférieure du nez (fosse péri-nasale), Point de sortie du méridien du Gros Intestin, traite les sinusites, rhinites, paralysies faciales, désordres des voies biliaires, prurit nasal, épistaxis…

Et avec la main droite, même chose au milieu du menton. Point de sortie du Jenn Mo ou Ren Mai (vaisseau de conception), Grand point pour tous les troubles de la bouche, des lèvres, des dents et des gencives, aphtes, odontalgies, sialorrhées, point an.


Concernant la préparation physique et mentale préalable à la pratique de l’Aikido, nous vous invitions à consulter les liens ci-dessous :