Hakama

Hakama

Le hakama (袴) est un pantalon large plissé (sept plis, cinq devant et deux derrière), muni d’un dosseret rigide (koshi ita). Il était traditionnellement porté par les nobles du Japon médiéval, et notamment les samouraïs. Il prit sa forme actuelle durant la période Edo. Femmes comme hommes pouvaient porter le hakama.

Certains prétendent que l’un de ces rôles était de masquer les mouvements des pieds, pour mieux surprendre l’adversaire. Cette explication ne fait pas l’unanimité : en effet, les samouraïs portaient des jambières qui demeuraient visibles sous le tissu. Par ailleurs, lorsqu’il n’était pas en armure mais se préparait à un combat, le samouraï remontait le hakama en le coinçant au niveau de la ceinture, de même qu’il attachait les manches du kimono par une bande de tissu, le tasuki. C’était en fait essentiellement un pantalon de cavalerie.

D’autres soutiennent qu’à partir du début de la période de Kamakura (1185-1332), les hommes à cheval appartenant aux classes guerrières commencèrent à porter des hakama aux jambes séparées dont la fonction était de protéger les jambes des cavaliers contre les buissons et feuillages.

De nos jours

promotion-hakama-sept-2016-aikido-budoLe très ample hakama est utilisé dans certains arts martiaux comme l’aïkido, le kendo, le iaido, le kenjutsu, l’aïkijutsu, l’aïkibudo, le jiu jitsu, le Nihon-Kempo et plus rarement le judo. Pour le jiu jitsu, il est utilisé dans les koryu (styles traditionnels) principalement, et non dans les styles modernes. Dans ce contexte, on parle parfois de keikobakama (littéralement hakama d’entraînement). Ceux utilisés pour les arts martiaux sont en coton, en soie ou le plus souvent, en polyester, en tétron (65% polyester et 35% rayonne) ou dans un mélange de ces trois fibres. Le coton est plus lourd, tandis que les fibres synthétiques glissent mieux sur le sol et résistent mieux à la décoloration, ce qui peut être important pour les arts martiaux comme le iaido ou l’aïkido.

Les hakama de qualité présentent des lanières épaisses et surpiquées afin d’éviter qu’elles ne s’entortillent sur elles-mêmes.

Cérémonie

Le hakama est également un vêtement de cérémonie (mariage, remise de diplôme, etc.). Les femmes portent des hakama assortis à leurs kimonos, de couleurs vives ou à motifs, tandis que les hakama masculins sont le plus souvent à rayures. Le hakama de cérémonie étant en soie, cela en fait un vêtement fragile, onéreux et d’un entretien difficile.

Pratiquants et Enseignants

L’activité pratiquée peut imposer sa couleur. Ainsi, le hakama d’aïkido est toujours uni, noir ou indigo, parfois bleu électrique pour ceux en coton. Certains enseignants adoptent le blanc. Dans d’autres disciplines, le port d’autres couleurs, en particulier le blanc est accepté (pour le iaido). La couleur grise est réservée au sensei. Dans le cadre des cérémonies shinto, le prêtre porte un hakama blanc, les assistants masculins des verts clair, les assistantes féminines des  rouges-orangés (les habits traditionnels rouges sont symbole de virginité au Japon).

Symbolique

Samouraï - Hakama
Samouraï – Hakama

Les sept plis représentent les sept vertus que doit posséder le samouraï :

  • jin (bienveillance, générosité),
  • gi (honneur, justice),
  • rei (courtoisie, étiquette),
  • chi (sagesse, intelligence),
  • shin (sincérité),
  • chu (loyauté)
  • (piété).

Port

Tamura-sensei
Tamura sensei

En Europe, le hakama est surtout porté par les pratiquants d’arts martiaux. Dans certains d’entre eux (kyudo, kendo, iaido, aïkibudo), il fait partie de la tenue obligatoire. Dans d’autres, en particulier l’aïkido, aïkibudo ou l’aïkijutsu, il peut être porté lorsque l’élève a atteint un niveau technique lui permettant de gérer la gêne qu’occasionne le port du hakama ; la décision d’autoriser un élève à le porter est laissée à la discrétion de l’enseignant, il est devenu de fait un signe d’investissement personnel dans la discipline et de niveau technique, bien que cela ne soit pas son sens originel.

Positionnement

Pour la pratique martiale, il se noue en commençant par la partie avant. Le sommet de celle-ci doit dépasser la ceinture (kakuobi) de quelques centimètres. La longueur des lanières diffère suivant la discipline : égales pour l’aïkido, courtes à l’arrière pour le iaido. Les lanières avant sont alors passées autour de la taille juste au-dessus de la ceinture, croisées derrière et reviennent sous la ceinture (obi), où elles sont nouées à l’aide d’un nœud simple. On met alors en place la partie arrière, le dosseret (koshi ita) au creux des reins. Les lanières arrières se positionnent sur la ceinture (obi) ou au-dessous, et viennent se nouer sur l’avant avec un nœud similaire à celui de la ceinture et englobant les deux brins avant. Les manières de ranger les lanières divergent selon les écoles.

Pliage

L’étiquette

Le hakama se plie généralement, après le cours, sur le tatami. Quelques petits points d’étiquette sont à retenir.

  • Ne jamais tourner le dos au Kamiza (mur d’honneur).
  • Ne jamais placer le koshita (dosseret) face au Kamiza.
  • Éviter de s’agiter autour du Hakama, le plier calmement sans tourner autour.
  • Rester en seiza ou à défaut en tailleur pendant que l’on plie le Hakama.

Le rangement comme le pliage répond à tout un rituel et il peut varier selon les personnes et les écoles mais on retrouve en général l’ordre ci-après.

Comment le plier

2 façons différentes de le plier

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Comment le mettre (ceinture et hakama)

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3 façons différentes de le mettre

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L’entretien

Consultez le blog de BudoExport concernant le lavage, le repassage, le pliage et le séchage de votre Hakama.


Porter l’hakama signifie que l’on peut se voir confier des responsabilités au sein du dojo, que l’on s’engage corps et âme dans la voie de l’aïkido.