Les Femmes

L’AÏKIDO et les FEMMES

La nature féminine dans l’Aïkido

Dans les activités sportives, la compétition oblige à une segmentation des publics par catégorie. Dans l’aïkido, il n’y a pas de compétition, femmes et hommes pratiquent ensemble, passent leurs grades ensemble. L’aïkido ne propose pas de pratique féminine spécifique. Fallait-il l’inventer ? Sûrement pas !

Pratiquer l’aïkido ne suppose pas de posséder une force incroyable. Pour faire vite, il s’agit de récupérer l’énergie de l’attaque de l’adversaire et de la lui resservir.

La plus grande part de l’apprentissage va résider dans cette expertise : être dans le temps de l’attaque, dans son contrôle sans toutefois contraindre. Bien évidemment, les femmes ont leur place dans cette pratique sans aucun aménagement nécessaire.

Donc pas de place réservée pour les femmes mais pas de place refusée non plus.

Le principe d’aïkido, par essence même, se trouve à la croisée de ces qualités homme-femme, physiques et mentales. Il exige une nature martiale déterminée et disponible pour rester face au conflit sans toutefois se heurter contre ; une tonicité nécessaire pour prendre acte de cette attaque et une adaptabilité suffisante pour conduire l’adversaire au sol.

De plus, l’art martial en qualité de voie (do) s’appuie sur le postulat de la connaissance de soi. Il nous propose de trouver sa place.

Trouver sa place accroît l’estime de soi et estompe le sentiment de péril identitaire. Cette finalité concerne tout pratiquant et éloigne toute tentative de partition homme-femme.

Beaucoup de femmes pratiquent l’Aïkido, car le principe de non – violence, l’utilisation de la souplesse plutôt que de la force physique, l’harmonie et l’esthétique de l’Aïkido, correspondent à leur sensibilité. L’Aïkido est certainement l’art martial le plus adapté aux femmes. Les cours sont mixtes, et les femmes trouvent leur place dans cette discipline où chacun selon son âge, son sexe ou son tempérament peut pratiquer l’Aïkido avec vigueur ou avec douceur. Plus qu’une simple discipline sportive, l’Aïkido est un art martial qui associe le physique et le mental. Sa pratique ne nécessite pas l’utilisation de la force physique et son efficacité repose sur le déplacement, le placement, l’engagement des hanches, le relâchement musculaire qui permet une meilleure circulation de l’énergie.

Le fondateur de l’Aïkido, Maître UESHIBA, a défini les principes de l’Aïkido en intégrant aux techniques des arts traditionnels purement physiques les valeurs morales humanistes. Dans cette perspective, c’est à la valorisation mutuelle qu’il convient de s’employer et non à l’affirmation de soi au détriment de l’autre, et c’est la raison pour laquelle la compétition, qui glorifie le vainqueur, n’existe pas dans l’Aïkido. Au travers de sa pratique martiale, l’Aïkido a pour objectif d’améliorer les relations entre les personnes en favorisant le développement harmonieux de chacun.

L’objectif de l’Aïkido est extrêmement vaste et ambitieux. Il ne s’agit donc pas de le réduire à un ensemble de techniques de self-défense (même si cet aspect est également pris en compte). Il suppose une recherche permanente et un souci constant de perfectionnement tant sur le plan technique, physique que mental ou relationnel. Cette discipline favorise l’évacuation des tensions et permet une meilleure réaction dans les situations d’agression. Elle développe également des facultés de concentration et de maîtrise de soi et apporte une certaine confiance en ses propres capacités.

Sur le plan physique, la pratique de l’Aïkido développe la souplesse, favorise le relâchement musculaire et améliore le placement du corps. Elle a aussi pour but de développer l’endurance et la résistance à la fatigue et d’augmenter le dynamisme. Idéal pour les femmes qui souhaitent travailler à la fois leur forme physique et mentale et apprendre à se défendre physiquement.

La particularité de l’Aïkido est d’utiliser la force d’une attaque, sans la fuir ou la subir, et sans s’y opposer. Cela rend l’Aïkido particulièrement intéressant pour les femmes qui, souvent moins puissante que les hommes, doivent éviter à tout prix de rentrer dans un rapport de force. Les femmes apprendront à se trouver au bon moment au bon endroit pour créer et maintenir le déséquilibre de l’attaquant jusqu’à sa projection ou son immobilisation.

L’Aïkido apportera, entre autres, souplesse et fermeté, stabilité et mobilité, sensibilité et détermination. A partir de trois mois de pratique assidue, on se sent plus tonique, plus souple, on a plus de souffle et une meilleure coordination. Mais dès les débuts on ressent un regain d’énergie et de bonnes sensations.

L’aïkido conduit à ce dosage idéal de détente musculaire et d’éveil de la vigilance qui définit l’état de relaxation.

Pratiquer l’Aïkido c’est aussi l’occasion de s’évader du quotidien en abordant une autre culture.

La Commission Nationale des Féminines

Depuis quelques années, la Commission Nationale des Féminines travaille en relation avec les ligues (régions) pour informer le public féminin, lui apporter conseils et encouragements.

Elle s’est donnée comme but de développer par ses actions la présence des femmes dans la pratique, à tous niveaux, en permettant, si elles le souhaitent, de pouvoir prendre des responsabilités sur et en dehors des tatamis. Cet objectif rejoint les orientations récemment proposées par le Ministère des Sports pour conforter la place du public féminin dans le monde du sport.

« Je pense que le plus important pour les femmes est de comprendre que le manque de force physique n’est pas vraiment une faiblesse. Cela peut devenir un avantage. Je ne suis pas fort physiquement, mais j’utilise mon agilité et ma perception pour surmonter les obstacles et travailler avec des gens costauds. C’est dans cette optique que les femmes devraient pratiquer. »

Maître Tamura

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