Buki-waza

BUKI-WAZA, LA PRATIQUE DES ARMES (KEN ET JO)

Morihei Ueshiba - Nobuyoshi Tamura 1960
Morihei Ueshiba – Nobuyoshi Tamura – 1960

Le fondateur de l’aikido se consacra à l’étude des armes lors de sa retraite dans le petit village d’Iwama. Son entraînement aux armes avait lieu tous les matins. Aussi, fort peu d’élèves eurent la chance de les étudier sous sa direction. Ceci explique la faible importance accordée à la pratique des armes dans beaucoup de styles d’aikido. D’autres, comme celui d’Iwama, accorde au contraire à cette pratique une importance égale à celle à mains nues.

La pratique est donc une étude combinée et non dissociée (riai) des armes (buki-waza) et des techniques à mains nues (taijutsu).

L’aïki-ken et l’aïki-jo s’appuient sur les mêmes principes fondamentaux que les techniques de taijutsu.

Morihiro Saito
Morihiro Saito

MORIHIRO SAITO fit un grand travail de classification et de décomposition des techniques afin d’en faciliter l’apprentissage. Ceci est particulièrement vrai pour la pratique des armes, pratique qui ne fut transmise qu’à un nombre restreint d’élèves, et dans un apprentissage de personne à personne. Morihiro Saito fixa donc un programme permettant l’enseignement des armes de l’aikido à des groupes entiers d’élèves, programme faisant encore référence aujourd’hui.

Ainsi l’aikiken se différencie des autres styles d’escrimes japonaises. Le iaïdo, le kendo, le kenjutsu, … sont des écoles fondamentalement différentes.

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Les armes utilisées en aikido sont le Bokken (ou Ken), le Jo et le Tanto.

Buki-waza - AIKIDO-BUDO - Alyssa-Elora-Noel
bokken – Aïkido-budo

Le bokken est un sabre d’entraînement en bois qui remplace le vrai katana. Ce sabre utilisé est donc différent du shinaï en lame de bambou (kendo) ou du iaïto (iaïdo). Le bois est généralement du chêne pour obtenir un poids proche du katana et une résistance suffisante pour travailler avec un partenaire.

Il n’a pas de garde (tsuba) et sa pointe est coupée afin d’éviter les blessures lors des piques.

Jo
Jo – Ali et Gaëtan – Aïkido-budo

Le jo est un bâton de 1,28m. Son diamètre dépend de la préférence de chacun (environ 2,5cm). Il doit être cependant assez résistant pour protéger efficacement.

Le tanto est un couteau dont la lame mesure une vingtaine de centimètres. Il est également en bois pour l’entrainement. Le tanto est essentiellement utilisé pour l’étude des désarmements.

Les techniques d’armes en aikido englobent plusieurs formes de travail. Les plus fondamentales :

  • les 20 Suburi de Jo

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  • les 7 Suburi de Ken

En images animées, ici : les 7 Suburi de Ken

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  • les 5 Kumi Tachi

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  • les 10 Kumi Jo

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Les suburi sont des mouvements simples, répétés de nombreuses fois, pour apprendre à manipuler les armes et acquérir les bonnes formes de corps essentielles pour le taijutsu.

Les kumi-tachi (avec le ken) et kumi-jo sont des exercices avec partenaire qui permettent de travailler la précision, les distances (maai) et le timing (awase). Il existe de nombreuses autres formes de travail comme le ken-tai-jo (défense au jo contre attaque au ken) ou encore les kata de jo.

Buki-waza
buki-waza

20 Suburi de Jo (exercices d’entrainement au Jo)

TSUKI (pique, poussée)

  1. video logoCHOKU TSUKI : mouvement basique de pique
  2. video logoKAESHI TSUKI : lorsque votre adversaire effectue une pique, vous faites un pas sur le côté et portez un coup. Le Jo effectue un mouvement circulaire
  3. USHIRO TSUKI : placer le Jo le long de votre avant-bras, puis piquez directement vers l’arrière video logo
  4. video logoTSUKI GEDAN GAESHI : la pique doit être effectuée avec un fort mouvement de hanche
  5. video logoTSUKI JODAN GAESHI : 4ème et 5ème mouvements
  6. video logoSHOMEN UCHI KOMI : mouvement identique à celui du second Suburi au sabre
  7. video logoRENZOKU UCHI KOMI : mouvements 5, 6, 7 et 8
  8. video logoMEN UCHI GEDAN GAESHI : mouvements 15, 16 et 17
  9. video logoMEN UCHI USHIRO TSUKI : voir Ushiro Tsuki
  10. video logoGYAKU YOKOMEN USHIRO TSUKI : la frappe arrière est effectuée de la même façon à partir de la main droite ou de la main gauche. Voir Ushiro Tsuki
  11. video logoKATATE GEDAN GAESHI : tirer le Jo en arrière. Faites un large pas en avant avec votre pied droit et faites un balayage du haut vers le bas pour finir au dessus de votre tête
  12. video logoKATATE TOMA UCHI : cette technique est utilisé quand il est nécessaire de frapper à une grande distance
  13. video logoKATATE HAJI NO JI GAESHI : le Jo effectue une trajectoire en forme de huit. Le but est de développer la souplesse du poignet
  14. video logoHASSO GAESHI UCHI : tournez le Jo, prenez la position Hasso no Kamae et ensuite frappez la face de votre adversaire
  15. video logoHASSO GAESHI TSUKI : piquez devant vous à partir de la position Hasso no Kamae
  16. video logoHASSO GAESHI USHIRO TSUKI : à partir de la position Hasso no Kamae. Piquez vers l’arrière (voir Ushiro Tsuki)
  17. video logoHASSO GAESHI USHIRO UCHI : à partir de la position Hasso no Kamae, tournez les hanches et frappez vers l’arrière. Ne bougez pas vos pieds
  18. video logoHASSO GAESHI USHIRO HARAÏ : tourner votre corps à partir de la position Hasso no Kamae, faites un large balayage avec le pied droit et frappez en effectuant un balayage avec le Jo
  19. video logoHIDARI NAGARE GAESHI UCHI : tournez sur la gauche et frappez. Il s’agit d’un exercice pour améliorer la mobilité du corps
  20. video logoMIGI NAGARE GAESHI TSUKI : tournez sur la droite et piquez. Il s’agit également d’un exercice pour améliorer la mobilité du corps

video logoHASSO GAESHI :

  1. tenez-vous en position Hanmi droite
  2. changer de position en Hanmi gauche
  3. placez la main droite au centre du Jo et la main gauche en avant
  4. la main gauche fait bouger le Jo légèrement vers le bas
  5. faites bouger les hanches en arrière et faites faire au Jo un demi-tour
  6. tenez-vous en Hasso no Kamae

Hassō no kamae : de face, Jo positionné sur le côté de la tête, le Jo est tenu vers le haut, prise des deux mains sur le Jo au niveau de l’épaule droite

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La Prise et le Maniement

Le maniement fluide et précis du bokken et du jo s’obtient par la pratique d’exercices individuels à caractère répétitif appelés SUBURI. Vous devez respecter certaines règles lors de la pratique des SUBURI :

  • Exécutez les mouvements de la manière la plus ample possible.
  • Veillez à ce que les mouvements ne soient ni hachés, ni saccadés.
  • La prise d’un bokken ou d’un jo est d’une importance primordiale : ni trop dur, ni trop mou.

Un maître de sabre disait : Tenez votre sabre comme si vous teniez un oiseau : serrez trop fort et vous le tuerez, tenez trop mollement et l’oiseau s’envolera.

  • Restez souple et détendu sans sombrer dans une laxité physique et mentale.
  • Si vous êtes trop crispé, la fatigue apparaîtra rapidement (avec les ampoules aux mains).
  • Vos épaules seront les meilleurs juges : crispations, raideurs, crampes sont le signe d’un mauvais travail. Les SUBURI ne durcissent pas le corps, ils l’assouplissent. Ils doivent le purifier.
  • Cherchez la précision, le contrôle, la forme exacte et un rythme harmonieux. La puissance seule ne permet pas d’acquérir la maîtrise des armes.
  • La répétition machinale ne donnera qu’un résultat machinal. C’est avec une attention constante et soutenue que votre travail donnera des résultats réels d’une plus grande valeur. La répétition est une nécessité absolue, mais seule la qualité de l’esprit lui reconnaîtra sa valeur.
  • Si les SUBURI vous durcissent, arrêtez un certain temps et remplacez-les quotidiennement par des exercices respiratoires ou par la méditation. Lorsque vous aurez une idée plus claire et plus précise de votre travail, recommencez.
  • 10 SUBURI bien faits ont plus de valeur que 1000 mal faits !

MORIHIRO SAITO SENSEI, L’AIKIDO D’IWAMA

Né en 1928, Saito Sensei rencontre O’Sensei en 1946. Il sera le plus proche de ses Uchideshi (élève au dojo) et le servira, avec l’aide de sa famille, pendant 23 années. A la mort d’O Sensei, il deviendra le responsable du Dojo d’Ibaragi et du temple de l’Aikido situé à Iwama.

Le dojo d’Iwama accueillera de nombreux élèves attirés, par l’étude de l’AikiJo, de l’AikiKen, mais aussi par la qualité et la précision de l’enseignement dispensé.

Le type d’aikido pratiqué par ces étudiants est souvent désigné sous le nom de Iwama aikido, ou aikido d’Iwama. Parallèlement, les étudiants de Morihiro Saito retournés en Europe ou aux États-Unis s’organisèrent en école sous le nom d’Iwama ryu, et obtenaient leur grades directement d’Iwama plutôt que de l’Aikikai, bien qu’ils aient le plus souvent le choix. Morihiro Saito ne quitta cependant jamais la structure de l’Aïkikaï, et à sa mort, la responsabilité du dojo d’Iwama fut confiée à son fils, Hitohiro Saito.

Maître Saito nous a quitté le 13 mai 2002. Il enseigna toute sa vie afin de « Contribuer à rendre les gens et la société meilleurs ».

L’AIKIDO D’IWAMA

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Morihiro Saito insista tout au long de sa vie sur le fait qu’il n’avait rien apporté de personnel à l’aikido qu’il enseignait mais qu’il ne faisait que transmettre ce que le fondateur lui avait lui-même transmis. La contribution de Morihiro Saito à l’aikido du fondateur ne fut donc pas d’ordre technique mais pédagogique.

De 1969 à 2002, Me Saito classifia, codifia et organisa l’ensemble du savoir qu’il avait reçu. Il publia dans les années 70 les 5 volumes Traditional Aikido, puis à partir des années 80 la série Takemusu Aikido (éditée en anglais par AIKI NEWS). Ces manuels mettent en valeur le style Iwama Ryu (avec son triangle indissociable Jo, Ken & Taijutsu).

Quatre caractéristiques distinguent le style iwama-ryu :

  1. l’importance accordée à la pratique des armes ;
  2. un nombre de techniques particulièrement important comprenant de nombreuses variantes ;
  3. l’importance accordée au travail lent et ferme des bases ;
  4. le réalisme martial.

Iwama-ryū

Iwama-ryū, qui signifie en japonais « école d’Iwama », est le terme généralement employé pour désigner le style d’aïkido enseigné par Morihiro Saitō. Il est parfois également appelé « Takemusu aïkido« , bien que ce dernier terme désigne en réalité un niveau de pratique tel que les techniques sont exécutées naturellement, en une infinité de variantes parfaitement adaptées à la situation.

Morihiro Saitō fut un proche disciple du fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba. Il pratiqua quotidiennement sous la direction de ce dernier pendant plus de vingt-quatre ans, en tant qu’élève « interne » (uchi deshi).

Le style iwama-ryū a en revanche la réputation d’être moins adapté aux aspirations modernes, en partie à cause de la pédagogie axée sur le travail répétitif d’exercices de base mais également à cause de sa réputation de style « dur ». (Cette école se veut attachée à un certain réalisme martial et la pratique peut y être parfois assez rude, le partenaire devant faire preuve de puissance et de détermination.)

Deux ans après la mort de Morihiro Saitō, son fils, Hitohiro Saitō, a été forcé de quitter le dojo du fondateur à Iwama, ainsi que la fédération Aikikai. Il a ainsi créé sa propre association sous le nom d’Iwama Shin Shin Aiki Shurenkai, association rassemblant maintenant la grande majorité des élèves du style d’Iwama.

Histoire

Jusqu’en 2004, les diverses écoles iwama-ryū formaient un réseau informel d’écoles d’aïkido pratiquant l’aikido de Maître Saitō, lequel distribuait des propres grades dan (dan iwama-ryū) en même temps que les dan de l’Aikikai. Les dan iwama-ryū comportaient des examens spécifiques pour les armes de l’aikido.

Le plus haut niveau iwama-ryū décerné est le 7e dan donné à Paolo Corallini et Ulf Evenås. Ils ont également tous deux reçus le titre honorifique de shihan iwama-ryū, avec le droit d’attribuer des dan iwama-ryū. Les meilleurs instructeurs ayant reçu le 6e dan sont : Philippe Voarino, Tony Sargeant, Daniel Toutain, David Alexander, et Wolfgang Baumgartner.

En 1990, Saitō Morihiro Sensei, lors d’un séminaire à Turin, déclara publiquement que Paolo Corallini sera le seul à être autorisé à conduire des examens iwama-ryū (directement ou par délégation). Il ajouta que lorsqu’il ne serait pas en Europe, seul Paolo Corallini pourra se substituer à lui pour la remise des dan iwama-ryū. Plus tard, d’autres instructeurs recevront une délégation de Saitō Sensei (tel Philippe Voarino) et de Paolo Corallini pour la conduite d’examens dans leur pays respectif. C’est le cas de Daniel Toutain et de Jean-Marc Serio pour la France.

L’apport de Morihiro Saitō

Le travail des bases

Saito Senseï
Saito Senseï

Le travail lent des techniques de bases a une grande importance dans la pratique d’Iwama. Dans ce type de travail, le pratiquant se laisse saisir sans complaisance par son partenaire, et s’assure de la précision dans l’exécution de la technique. Ce type de pratique a deux objectifs :

  • préparer le pratiquant à la puissance et la détermination d’une attaque réelle ;
  • assurer l’assimilation de tous les détails.

La vitesse doit alors venir naturellement à un niveau de pratique plus avancé.

Caractéristiques techniques

L’aïkido d’iwama possède un grand nombre de techniques kokyu nage, ce qui lui donne un répertoire technique plus vaste que la plupart des autres écoles d’aïkido. L’accent est également mis sur l’utilisation d’atemis dans les techniques.

Plusieurs techniques, principalement shomen uchi, commence avec nage (aussi appelé tori, c’est-à-dire celui qui effectue la technique) initiant un atemi (coup, ici avec le tranchant de la main sur le sommet du crâne) à uke (celui qui subit la technique). Une raison majeure de cet atemi est tout simplement le fait que si tori ne le donne pas en premier, uke aura souvent l’occasion de le faire, et donc de potentiellement faire échouer la technique. Ceci est un point commun avec l’école Yoshinkan et l’enseignement de Michio Hikitsuchi, mais à l’opposé de la façon dont est enseigné l’aïkido par la plupart des écoles (qui le proscrive en raison de sa nature violente). Une fois cette variation maîtrisée, les étudiants peuvent également pratiquer avec uke frappant tori, ce dernier initiant le contre.

Les pratiquants uke iwama-ryū parent habituellement l’atemi porté par tori, ce qui n’est pas forcément le cas des autres écoles d’aïkido.

Buki-waza

Les formes de sabre iwama-ryū semblent descendre des techniques de Kashima Shinto-ryu. En particulier les deux premiers kumitachi sont pratiquement identiques aux formes Kashima Shinto-ryu.

Suwari-waza

Suwari-waza (techniques à genoux) commencent toujours en position seiza alors que dans la plupart des autres écoles, les pratiquants commencent les techniques en position kiza.

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Retrouvez au sein de nos clubs du Blanc-Mesnil et de Livry-Gargan tous les vendredis soirs des cours d’armes (buki-waza).

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