Calligraphie

La calligraphie en japonais shodō (書道, voie de l’écriture)

En japonais, il désigne également la calligraphie des kana, syllabaires typiquement japonais extraits des caractères chinois. Quels que soient les styles et la démarche propres à l’artiste, la calligraphie est un art de l’écriture, que ce soit d’une langue ou d’une écriture abstraite.

Image de prévisualisation YouTube

Kana

Les kanas (仮名, kana, le mot kana devient souvent le suffixe -gana dans un mot composé) sont des caractères de l’écriture japonaise qui notent chacun une more (unité de rythme différente de la syllabe). Ils ne sont donc pas similaires aux lettres de l’alphabet latin qui, elles, notent théoriquement des phonèmes. Les kanas s’utilisent conjointement aux kanjis (les caractères d’origine chinoise). Ils permettent de noter phonétiquement la langue, ce qui n’est pas possible avec les kanjis.

Histoire

Les kanas ont été standardisés en 1900 afin de les unifier et ainsi d’éviter la dispersion liée aux usages régionaux, une réforme a été effectuée après la défaite du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, afin de rendre la compréhension de la lecture plus compréhensible.

Description

Il existe deux types principaux de kana en japonais moderne :

  • les hiragana, pour l’écriture des morphèmes grammaticaux et pour l’écriture (ou la transcription) de certains mots japonais ;
  • les katakana, pour la transcription des termes étrangers et d’un grand nombre d’emprunts lexicaux non chinois.

Les kanas peuvent être utilisés pour aider à la lecture de kanji : on les appelle alors furigana.

Les kanas, bien que visuellement différents des kanjis, proviennent bien, comme le bopomofo (alphabet), de simplifications du tracé de quelques sinogrammes appelés man’yōgana (simplifications qui n’ont rien à voir avec celle des caractères dits « simplifiés », qu’ils soient chinois ou japonais).

Ils ont conservé de cette origine une caractéristique importante : ils se tracent eux aussi dans un carré virtuel de format invariant.

Kanji

Les kanjis sont des caractères identiques ou proches des caractères chinois ayant pour fonction d’écrire une partie de la langue japonaise. Chaque kanji, en principe, est associé à un ensemble de significations, tandis qu’il peut se prononcer d’une ou de plusieurs manières.

Généralités

Les kanjis (漢字, kanji) sont les éléments d’un des trois grands ensembles de caractères de l’écriture japonaise, avec les kanas (les syllabaires hiragana et katakana), auxquels s’ajoutent lettres latines (rōmaji) et chiffres arabes. Ce sont des caractères (字 = ji) logographiques généralement empruntés au système d’écriture de l’ethnie chinoise Han (漢 = kan), donc littéralement des « caractères chinois » (sinogrammes) utilisés dans l’écriture du japonais.

Sur le plan sémantique, la caractéristique la plus remarquable des kanjis est qu’ils renvoient par eux-mêmes à des sens, contrairement, par exemple, aux lettres latines ou aux syllabaires, qui ne représentent que des sons. Dans le modèle de base, les kanjis sont généralement utilisés pour écrire la racine des mots, l’habillage grammatical de la phrase étant écrit phonétiquement en hiraganas.

Sur le plan phonétique, cette écriture n’est pas univoque, un même kanji dans la langue écrite pouvant souvent se réaliser de différentes manières dans la langue orale : on parle des différentes « lectures » du kanji (en japonais 読み (yomi) ou 音訓 (onkun)).
En outre, une petite proportion de kanjis dits « nationaux » (les kokuji) sont des créations originales propres au Japon.

Image de prévisualisation YouTube

Origine des kanjis

Par définition, l’origine des kanjis se confond avec celle des caractères chinois, qui sont le fruit du développement de l’écriture en Chine antique (laquelle débute, si on se limite aux plus anciens documents connus, avec l’écriture ossécaille à la fin de la dynastie Shang). L’époque de l’importation des sinogrammes au Japon n’est pas connue avec exactitude, même si la tradition (se basant notamment sur le Kojiki, 712) évoque un lettré venu de la péninsule coréenne, Wani, qui au Ve siècle introduisit les sinogrammes à la cour de l’Empereur Ōjin.

Le Kojiki constitue l’ouvrage japonais le plus ancien qui nous soit parvenu. Toutefois, il est acquis que les kanjis ont été utilisés au Japon avant le Kojiki, comme en témoignent des monnaies, stèles ou sceaux qui lui sont antérieurs. En outre, les ouvrages Tennōki et Kokki (620), aujourd’hui disparus, sont des textes en kanjis antérieurs d’un siècle au Kojiki, selon les mentions qui en sont faites dans les chroniques Nihon Shoki (720).

Exemples de kanjis avec leur principales lectures

Les lectures on sont en majuscules, les lectures kun en minuscules (uniquement les lectures officielles).

    • Signification : arbre, bois (matière)
    • Prononciations : BOKU / MOKU / ki / ko
    • Clé : (l’arbre)
    • Nombre de traits : 4
    • Exemples de mots : (ki, arbre) ; 木星 (mokusei, Jupiter) ; 木曜日 (mokuyōbi, jeudi = le jour de Jupiter)
    • Jukujikun : 木綿 (momen, coton)
    • Signification : livre, racine, base, origine, compteur pour objets cylindriques
    • Prononciations : HON / moto
    • Clé : (l’arbre)
    • Nombre de traits : 5
    • Exemples de mots : (hon, livre) ; 山本 (Yamamoto, un nom de famille) ; 基本 (kihon, fondation ou base)
    • Signification : soleil, jour
    • Prononciation : NICHI / JITSU / hi / ka
    • Clé : (soleil)
    • Nombre de traits : 4
    • Exemples de mots : 本日 (honjitsu, aujourd’hui) ; 毎日 (mainichi, tous les jours) ; 朝日 (asahi, soleil du matin), 十日 (tōka, le dix du mois ou dix jours)

Compétences en kanji

La main et le pinceau ne font qu’UN…

L’étude des kanjis demande beaucoup de travail, ainsi qu’une pratique constante. En effet, pour chaque kanji, il faut mémoriser :

  • le dessin des traits : l’ordre et la manière de dessiner ces traits sont importants. Il est aussi important d’en connaître le nombre et de savoir y repérer la clé ;
  • les lectures (prononciations) : lectures on et kun, chacune de ces catégories pouvant compter plusieurs lectures différentes ;
  • comment utiliser et combiner les kanjis pour l’écriture des mot et des expressions, ce qui revient à maitriser les aspects sémantiques associés aux lectures.

Image de prévisualisation YouTube

Instruments du calligraphe

Le papier, l’encre noire, le pinceau calligraphique, et la pierre à encre sont les instruments essentiels pour la pratique de la calligraphie extrême-orientale. Ces instruments sont connus sous le nom de « Quatre trésors du studio » (ch. trad. : 文房四寶 ; ch. simp. : 文房四宝) en Chine, et comme les « Quatre compagnons du studio » (문방사우 / 文房四友) en Corée ; pour plus de clarté, il est coutumier de dire « Quatre trésors du lettré ». Le dessous de table en feutre noir, le presse-papier, le porte pinceaux, le sceau et sa pâte à encre, entre autres, accompagnent cette liste d’instruments.

Le papier

Au Japon, le washi est fait à partir de mûrier à papier (kozo), de Wikstroemia sikokiana (アオガンピ属 (ao ganpi zoku)), et edgeworthia papyrifera (mitsumata), ainsi qu’avec du bambou, du chanvre et du blé.

Le chine ou papier de Chine est un papier de teinte légèrement grisâtre. Il est fabriqué à partir d’herbes et de plantes fibreuses telles que le chanvre, le jute, le lin, la ramie (herbe chinoise), le rotin, le bambou, le roseau, les tiges de riz et du blé et les fibres de graines telles que le coton.

Reconnu de grande qualité pour sa finesse et sa résistance, ce qui le fit utiliser par Rembrandt, sa teinte n’est que l’effet du processus de production, qui prévoit l’adjonction d’un mucilage de Malvacée.

Du fait de l’enjeu économique que représentait l’achat de cette production lointaine, la France cherchait au XIXe siècle à trouver une méthode alternative pour obtenir un papier d’impression aussi fin et résistant que le chine — ortie, écorce de mûrier, trituration de la soie, etc. — et en partie pour améliorer la résistance du papier-monnaie.

L’encre

L’encre de Chine (墨) est un type d’encre principalement utilisé en orient pour l’écriture, le dessin et la peinture. Elle jouit d’un prestige exceptionnel auprès de nombreuses personnes, qui mettent en avant son caractère indélébile et définitif, et une réputation de produit mystérieux, issu de secrets de fabrication ancestraux, etc. La réalité est plus nuancée.

Par sa grande densité, qui lui vaut auprès du grand public une réputation (fausse) d’« encre indélébile », elle est autant utilisée pour le trait et pour le remplissage que pour le lavis (le lavis est une technique picturale consistant à n’utiliser qu’une seule couleur), par mélange avec une plus ou moins grande quantité d’eau selon l’intensité recherchée.

Le bâtonnet d’encre

L’encre de Chine est faite à partir de suie noire et d’un liant, afin d’être transformée en bâtonnet solide, qui doit être usé sur la pierre à encre légèrement imbibée d’eau. Le bâtonnet, tenu à la verticale, est frotté circulairement jusqu’à obtention de la bonne densité. Les encres liquides prêtes à l’emploi sont déconseillées : elles empêchent le débutant de comprendre la nature de la calligraphie et leurs ingrédients n’offrent pas la qualité nécessaire à la fixation de l’œuvre pendant le marouflage.

La pierre à encre

La pierre à encre est communément faite en schiste. De couleur le plus souvent noire, elle sert à la fois de récipient pour l’eau, de râpe pour le bâtonnet d’encre, de surface permettant de lisser et réorganiser les poils du pinceau et finalement de récipient pour l’encre liquide ainsi produite. Il existe de nombreuses sortes de pierres, certaines peuvent atteindre des prix considérables.

Le pinceau

Le pinceau chinois est un outil d’écriture très particulier, qui préfigure le stylo : seule sa pointe est utilisée alors que l’arrière de la touffe sert de réservoir. Tous les poils d’animaux sans exception servent ou ont servi à fabriquer cette touffe, dont la flexibilité permet des mouvements extrêmement libres, d’où la richesse calligraphique.

L’utilisation de pinceaux en pointe synthétiques contenant de l’encre permet seulement de pratiquer lorsqu’on est loin de sa table de travail.

Calligraphie japonaise