Les grades d’enseignement et d’évaluation dans les arts martiaux japonais

Les grades d’enseignement et d’évaluation dans les arts martiaux japonais

Il existe deux systèmes de grades au Japon.

L’ancien système appelé Menkyo et un plus récent datant de 1902.

  1. L’ancien système japonais de graduation : « Menkyo »

    • Ce certificat de transmission date du 16ème siècle environ. Il était utilisé par les écoles traditionnelles d’arts martiaux au japon. Il est encore utilisé de nos jours par certaines écoles et parfois en parallèle avec le système Kyu/Dan.
    • Durant la période féodale le système de Menkyo n’était pas unifié et chaque Ryu (école traditionnelle d’arts martiaux) avait son propre système de Menkyo de 3 niveaux à 5 niveaux avec ses propres critères d’évaluation.
    • Menkyo signifie permission, certificat. (Men vient de Manuka être libéré ; Kyo signifie autorisé). Le Menkyo se présente encore sous forme de rouleau où sont inscrites différentes informations concernant celui qui le reçoit, comme son nom, son niveau, les techniques apprises.

      menkyo
      Menkyo
    • Il était réalisé par la main du maître et parfois par son disciple le plus doué en calligraphie. Dans le système Menkyo les critères de sélection et les différents tests utilisés sont très particuliers et peuvent choquer ; les élèves étaient filtrés et seuls ceux qui se montraient dignes étaient initiés aux différents niveaux.
    • Dans le système Menkyo on peut parfois attendre 10 voire 20 ans avant d’avoir le titre supérieur. Ils sont une attestation d’initiation de niveau à la fois physique et mental irréversible contrairement aux Dan où l’on obtient un degré supérieur même si on a perdu l’efficacité d’autrefois. Le Menkyo exprimait aussi le degré de confiance que donnait le maître à l’élève, reconnaissance qui offrait au disciple la possibilité d’être initié au niveau supérieur puis progressivement aux secrets de l’école. Le Menkyo est aussi un véritable gage de confiance et de moralité. L’élève était jugé sur plusieurs années tant sur le plan technique que sur son comportement.
    • Plusieurs épreuves bien particulières permettaient au maître de connaître parfaitement son élève sur tous les plans.
    • Le premier Menkyo décerné, tout comme le premier Dan, désigne le pratiquant comme un débutant certes avancé mais encore très perfectible. Il marque le début du travail véritable et non la fin. La composition du système Menkyo est :
      1. Menkyo Shoden : niveau débutant, enseignement préliminaire.
      2. Menkyo Chuden : niveau moyen.
      3. Menkyo Okuden : niveau avancé, entrainement approfondi. Les techniques okuden étaient en générale enseignées uniquement aux élèves internes (Uchi deshi).
      4. Menkyo Kaiden : niveau supérieur.
    • C’est le plus haut niveau dans l’autorisation d’enseigner la technique et l’esprit d’un art martial classique. Ce titre est remis par le maître d’une école à son élève le plus proche. Il était considéré comme l’attestation de transmission ultime qui fait entrer l’élu dans la généalogie officielle des maîtres de l’école et lui permet soit de succéder au maître, soit de fonder sa propre école ou une nouvelle branche de l’école du maître.
  2. Le système japonais actuel de graduation :

    • Il est créé en 1902 par la Dai Nippon Butokaï (association des vertus martiales du grand japon). C’est une célèbre organisation paramilitaire ultra nationaliste japonaise, créée en 1895 dans le but de sauvegarder les arts anciens et de promouvoir les arts modernes. Elle était constituée d’anciens samouraïs, tous maîtres de haut niveau. Sa fonction était de reconnaître les Budo et les Ryu authentiques. Cette organisation met au point un système de reconnaissance se basant sur l’ancien système Menkyo.
    • Ce système de grades est composé de 4 titres de maîtrise qui étaient utilisés au Japon avant l’adoption système Kyu/Dan. Il est encore utilisé par certaines écoles en parallèle avec le système Kyu/Dan.
      1. Renshi : créé en 1928, disciple avancé de l’école (5ème – 6ème Dan)
      2. Kyoshi : instructeur de l’école (7ème – 8ème Dan)
      3. Hanshi : maître de l’école (9ème – 10ème Dan)
      4. Shihan : grand maître, ce titre ne peut être obtenu qu’à partir du 8ème Dan.

Conclusion

Si le terme Sensei est utilisé au Japon pour désigner un professeur, c’est-à-dire celui qui vous transmet une connaissance, en France ce terme a une connotation de « maître » d’art martial et ne devrait être utilisé que par les enseignants étant au minimum 5ème Dan (Renshi). Il faut donc rester humble et savoir se remettre en question s’il le faut.

Le sensei, lui aussi, doit être capable de transmettre tout en se perfectionnant dans son art, car l’art martial c’est pour toute la vie !

Article de Jean-Marc SERIO, que je valide après quelques corrections.

Ali Amrani